Nous voici donc encore un soir
Nous voici donc encore un soir tous deux à côté de la lampe Un ami est venu puis reparti laissant dans l’air obscur une triste nouvelle une de plus avec le souvenir de ses traits acharnés à ne pas concéder la moindre larme à sa douleur
Dans l’air obscur une triste nouvelle Le feu de tes cheveux lutte de toute sa lumière contre cette force sans nom opaque et noire et qui cherche à se refermer comme une porte de prison sur le peu de joie qui nous reste
Echappons-nous ! Echappons-nous ! Pensons aux troupeaux de chevaux galop rythmé crinières blanches aux bleus troupeaux des petits chevaux de la mer quand passe d’une croupe à l’autre étincelant un soleil acrobate et rayonnant comme un enfant qui s’imagine être le centre du grand Cirque Univers
Echappons sur le langage ailé comme Pégase à cet Insoutenable qui fait irruption sans cesse du Dehors où le crime hurle au coin des rues sous la clarté liquoreuse des réverbères dans la Cité livrée à ses folies ses danses et ses transes alors que le volcan s’éveille et que sourd volontaire un peuple épicurien refuse de prêter l’oreille à ses premiers ébranlements
Tous deux ainsi encore un soir blottis dans la clarté fragile du poème Notre amour est pareil à cette frêle lampe Il nous protège dans le cercle illuminé du « J’aime » et dans la coupe sombre où tremble un vin herbé de noir en même temps buvons à même le reflet qui confond nos visages l’éclat doré d’un invincible espoir !
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