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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 09:24

                   LA VENT AUJOURD'HUI

 

 

Le vent aujourd'hui pousse sur nous des nuages tristes

Prêts à mouiller les rues de larmes au moindre prétexte

 

Une grosseur obscure et impalpable au fond de moi

Tourne sur elle-même dans le noir

Avec des questions insensées qui rôdent

Comme des loups dans un troupeau et une odeur de galaxie morte

 

Me monte à la cervelle alors que comme des clochette

J'entends tinter l'une après l'autre puis s'éteindre les dernières

Etoiles sur la mer sombre couvrant l'abîme

 

Mais le soleil ne se lève pas pour autant

On dirait que l'innocence et l'amour ont quitté ce monde

 

Dans la rue grise un balayeur fchitt fchitt pousse de vieux papiers

Au caniveau où des reflets sales ruissellent

Le temps emmène ainsi les débris de nos souvenirs

 

La route alors déserte où nous dessinions des marelles

Avec la craie qu'on avait en douce

Escamotée dans la rigole du tableau noir de l'école

 

Terre, un, un, un, deux, un, deux, ciel !

Et cette fillette rieuse aux cheveux couleur de miel !

 

Le vent aujourd'hui pousse sur moi des nuages tristes

Prêts à brouiller ma page de larmes au moindre début de texte

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 20:09

 

A ma Muse


Ô Muse, quand au saut du lit,

Dans notre psyché, tu te mires,

Moi qui ne suis qu'un pauvre mire

Devant ta beauté, je pâlis !


C'est qu'avec des mots avilis

Comment parvenir à traduire

Le poème que tu m'inspires,

En évitant qu'il soit sali...

 

Ô Muse belle plus que belle !

Ta splendeur chaque jour nouvelle

M'éblouit toujours au réveil...

 

Qui donc, lorsque tu parais nue,

Pourrait ne pas tomber des nues

Puisque en est tombé le soleil ?

 

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 20:08

 

Les contes

 

Les contes, quel bonheur lorsque j'étais mouflet !

Celui du Chaperon Rouge et du Loup qui tchache ;

La fable de la Chèvre, sur le Chou, qu'on lâche ;

Celle du Chat qui louche et du Monsieur replet...

 

Plus ils sont farfelus et plus cela me plaît !

Les ratiocinateurs à ce sujet me fâchent :

Qu'importe à l'auditeur si la logique est lâche,

Pourvu que la Princesse ait l'époux qu'on voulait !

 

Bien sûr, on ne croit pas que la fable est réelle,

Que Tom Pouce a vraiment chevauché l'hirondelle,

Le papillon ou le corbeau : l'imaginer

 

Suffit à notre joie ! Et j'appelle un artiste

Celui qui substitue à l'ennui – réaliste ! -

L'un des plus grands plaisirs : celui d'être étonné.

 

 

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 18:57

 

 

                               Sonnet précieux

 

J'ai tant, j'ai tant et tant, rêvé de Vous, Ma Dame,

De votre corps flexible et gracieux comme un lis,

De votre haut front pur comme page où je lis

Votre innocence et votre amour, et ce que trame

 

Votre beauté, germée en secret, cryptogame,

Qui croît, envahissant dans ses moindres replis

Ce terreau noir où sa racine s'établit

Sans en rien laisser voir : les tréfonds de mon âme.

 

J'ai tant et tant rêvé que par un mois de Mai,

A surgi au grand jour dans la neuve lumière

L'immaculé calice : à l'instant je l'aimai.

 

Dans sa grâce puisaient tous les lis de la terre.

Dans ses yeux tout le ciel venait se refléter.

Son parfum et sa voix m'ont le monde enchanté.

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:28

 

 

                      La jeune fille d'or

 

La jeune fille d'or qui de sa main ouverte

Lance ses osselets invisibles depuis

La nuit des temps a le visage triste

Car d'avance elle sait quand va venir la Nuit

 

Ma Nuit Celle qui défera la lumière de moi

Aveugle me laissant dans le regard des autres

La Nuit qui m'éteindra malgré la poésie

Dont je veux embraser quelques esprits amis

 

La jeune fille d'or est depuis longtemps morte

Si son geste survit par l'arcane de l'art

Que survive le mien par l'écriture - porte

Qui conserve ma tombe entr'ouverte et rempart

 

Qui préserve à jamais la lise consumée

De mon vieux corps, de mon cerveau d'antan,

En mélangeant leur froide cendre inanimée

Au sable d'or qui coule au sablier du temps.

 

 

 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 19:04

 

 

Morsure

 

Il manque à ce champ une fleur, dirait-on :

Une marguerite ! Elle fausse le compte

A la manière d'une perle qui manquerait

Au collier assigné à la grâce de ton cou...

 

Entre toutes les fleurs cette grâce est unique,

Elle est le doux chemin qui conduit à ton cœur.

Effeuillons chaque marche blanche avec lenteur :

C'est comme un escalier qui mène au paradis !

 

Invisible au milieu de ce monde innombrable

Est la splendeur secrète du don de la vie

Que tu me fais jour après jour inaltérable

Amour sans réserves ni mièvreries

 

Et cette cruauté que tu mets dans mes rêves

Ton parfum de santal doré me l'adoucit

Que je cueille à ta lèvre ainsi qu'une morsure

Où ton être se perd dans mon cœur ébloui.

 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 18:26

 

 

Un dimanche de juillet

 

Toujours aussi peu de choses, à peine si le vent

Apporte une imperceptible odeur de mort

Avec la respiration bleue au fond du ciel

Des lavandes Et ce nuage gonflé d'amour

Rentré qui ne se résout pas à pleuvoir

 

Trés loin il existe un village avec des dalles sombres

Où sont inscrits des noms les ultimes reliques

De tous ceux que j'aimais Parfois un feu-follet

Traverse l'une ou l'autre allée ornée de fleurs

En céramique insensible aux intempéries

 

Il y a là-bas le guerrier désormais sans armure

Et l'autre qui n'a jamais cru qu'un jour le gosse

Qui courait dans ses jambes pourrait devenir poète

Et sans doute avait-il raison nonobstant la tendresse

Immense de ma mère et sa constante angoisse

 

Pour son incompréhensible fils « Ce merle blanc »

Comme elle disait en hochant du chef tristement

Avec cet air mi-résigné mi-accablé des femmes

Quand elle doutent qu'un enfant soit fait

Pour lutter contre la vie à larmes égales

 

A peine si le vent emporte le crac inaudible

D'un cœur brisé ainsi que la carène d'un oiseau

Surpris qui passe sous le pneu rapide d'une auto

Et déjà la vie emporte ailleurs le conducteur

La vie puissante la vie écrasante ce bonheur

 

Oublieux et plus pesant encore que le malheur.

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 20:13

 

Ivrognes de lumière

 

 

Tels sont respectés qui se shootent à l'alcool,

Au haschisch, à la coke, aux filles, au football ;

Mais nous, qui nous respecterait, nous les drogués,

Les imbibés, les délyrants, les shootés à la poésie ?

Épris de rivages lointains, de mirages chanteurs,

De conques d'or d'où s'épanchent les vagues bleues,

Nous cherchons dans l'odeur des pins et des myrtes des îles

L'essence de la vie et le rythme des jours, à l'instar des cigales !

Qui nous respecterait, nous bavards hors du monde,

Qui l'auscultons avec nos mots, critiques, acérés,

En comparant sans fin la nuit aux arbres étoilés

Et le grand trois-mâts du matin, envoilé de nuages ?

Si nous étions d'ici, de cette cité morte,

De ce sommeil ruiné qu'on appelle la «République»,

Et fidèles de ces dieux fous, au nom desquels on tue,

Alors, oui, peut-être bien, oui, nous les amis du vent,

Les orfèvres des mondes, nous les poètes innocents,

Invétérés ivrognes de lumière, on nous respecterait !

 

 

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 16:51

 

                   Paroles de trouvère

 

Dans l'infini vacarme du chaos, sourd comme neige,

Qui a depuis longtemps étouffé toute voix,

J'entends soudain percer la chanson de tes lèvres

Limpide ruisselet et cristal d'espérance.

 

Qu'elle est douce la voix qui renaît du silence,

Et traverse les cieux comme l'astre des nuits !

Ton souffle occulte, en moi, embaume l'innocence,

Et c'est ton corps absent qui, sans honte, s'écrit.

 

Tu est la fleur qui manque au bouquet des mes rêves.

Quand je crois te toucher – je ne tiens qu'un stylo !

L'encre dont je t'arrose est fraîche comme l'eau,

Trouble ainsi que désir, dorée ainsi que sève...

 

Dans cette encre je tremble, un peu comme un falot :

Plus l'onde est noire et plus y brille ta lumière.

 

 

 

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 11:08

 

 

Microde

 

 

Me voici libre et vieux

Et me targuant d'écrire

Des vers dont l'intérêt

N'apparaît à personne

 

Je cache des secrets

Dans mes façons de dire

Ce n'est qu'aux vrais curieux

Que mes écrits se donnent

 

En un lieu reculé

J'ai garé mon empire

Des songes j'ai la clé

Sans que l'on m'en soupçonne

 

A l'abri des simplets

Aux humeurs fanfaronnes

J'y cultive un Éden

Que les anges admirent

 

Où les plus noirs serpents

Sont sous ma main dociles

Et de ma dalle claire

Avivent la lumière.

 

 

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