Mercredi 4 novembre 2009

 

Poéme   10           

 

                              

 

Eteindrons-nous la nuit dévorante

Qui brûle au fond de nos paupières closes

Ainsi que la chandelle du guetteur devance l’aube

Lorsque nous dormons côte à côte

                  

Hâte de vivre nous détruit. Patience

Du nuage qui dans le ciel cherche sa forme

Nous érige comme l’amour entrefouille

Les corps pour y bâtir ses fondations

 

Dans tes regards je moquerai l’azur

Dans tes spasmes la mer et ses chemins d’étoiles

Dans ta bouche j’invoquerai ce que la vie a de plus pur

Dans le regret de toi je mourrai plus que de ma vie !

 

 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Poésie contemporaine
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Mardi 3 novembre 2009

    Fragment du puzzle

 

 

Quelque chose brûle noir

Parole d’ami

Est-ce au cœur d’espaces rêvés

La logique de la logique

Nous prive d’en approcher

Nul n’en soupçonne

Autre chose qu’absence

Comme observer d’un satellite

Une Asie énorme

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Poésie contemporaine
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Mardi 3 novembre 2009

 

Poème 12

 

 

Je marche auprès de toi la rue s’éclaire

D’un beau soleil d’après-midi

Toi belle enfant de la lumière

Et moi vieil enfant de la nuit

 

Je marche auprès de toi je marche auprès de moi

Enveloppé par le miroir de ta présence

Où tu ne vois souvent que le meilleur de moi

Et perdu je me mire dans ton évidence

 

La chaleur de ton corps ton parfums mes émois

En toi me font les serviteurs de mon absence

N’étant rien je suis tout si je m’égare en toi

Qui marches dans la rue avec tant d’insouciance !

 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Mardi 3 novembre 2009

 

 

Poème 11

 

 

Je doute qu’être ma Muse t’amuse,

Même si le Soleil t’accompagne partout.

Ta voix en mille voix me traverse et m’enchante

Comme sortant de chaque chose qui m’entoure :

Le moindre objet rayonne ainsi d’une étrange rosée

Qui en exsude ainsi qu’une sueur d’amour...

 

Je viens dans tes cheveux respirer les senteurs

D’une forêt d’automne avec fougères, giroflées

Sauvages, et notes de fraises des bois, de chèvrefeuille,

Ainsi que l’on s’enivre d’un vin vieux !

Dans ton oreille un blanc silence se recueille

Pur comme le cristal des roulades d’oiseaux.

 

Parfois me trouble aussi le rose coquillage

Qu’un byssus d’or retient dans une fente de rocher.

Un fort balancement de mer saisit cette invisible barque

Où nous avons tous deux pour toujours embarqué,

Et je rêve et j’écris, je murmure et je t’aime,

Plus avide de toi qu’aucune Muse, aucun poème

Jamais ne l’inspira, ni ne put supporter !

 

 

 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Mardi 3 novembre 2009

                                              Sur la poésie

 

C’est comme une envie qui me serait venue de secouer les oripeaux savants des « poètes modernes ». Les écritures plates comme des toiles cirées. Les écritures délirantes comme un lendemain de cuite quand les mots ne retrouvent plus leur place et que la langue se fait épaisse. Les écritures laconiques comme si un mot «  de trop » nuisait à l’autorité. Les écritures seulement écrites, pour justifier à coup de matérialité et d’encre que nous n’aurons jamais accès au chaos. Les écritures que seule guide la forme, et qui pour le rare plaisir de quelques uns, veulent figurer la révolte par des dissidences grammaticales, par des ruptures arbitraires que sous-tendrait le besoin d’une langue impossible. Les écritures qui, sous prétexte de nouveauté ou de consentement à la cité, se livrent sans méfiance à l’implicite d’une unité qui serait un horizon indépassable, et cherchent dans le bavardage estropié du quotidien la saveur perdue. Toutes inscrites sur le grand tableau noir d’un antique monothéïsme, accepté ou combattu, ce qui revient au même. Ô la grande fatigue de cette exténuation à vouloir ramener la multiplicité des mondes, des « réalités », à cette inaccessible et constamment poursuivie Réalité de l’Un : comme si la « vérité » était un objet stable caché quelque part sur la corniche d’une armoire à laquelle un enfant rêve d’accéder. Et ce qu’on trouve dans ces hauteurs n’est que l’unité du mensonge, la fiction de l’universalité de l’homme imaginé par l’Occident. Alors que si l’on veut parler de vérité, il faut parler des vérités diverses, changeantes comme le présent, multivoque, en perpétuel mouvement, des vies de quelques milliards d’habitants, que les pouvoirs s’efforcent constamment de fusionner, de réunir à coup de lois pour exister, pour façonner selon leur goût la « société » qui leur sera docile et qui, autour et par le truchement de leur dire impérieux, reformera le consensus de la fiction de l’Un, dont le plus extrême des visages est celui du fascisme, et le plus sournois la démocratie. La poésie ne se sent pas concernée par cette abstraite monnaie que véhiculent « culture », « finance » et « civilisation », et qui est toujours, par quelque face qu’on la prenne, la fausse-monnaie d’un marché de dupes, où c’est toujours, peu ou prou, l’humanité des « individus », ou disons, de chaque personne dite « humaine », qui est flouée, dans son « corps-esprit » qui ne possède même pas un mot, depuis des millénaires, pour le désigner.

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Poésie contemporaine
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Lundi 2 novembre 2009

 

 

Poème 13

 

 

Tu es mon instrument, ma lyre, ma guitare,

Tu es la langue transparente où je suis né.

 

Tu es cette douceur qui brise les amarres

Et la violence qui saura les renouer.

 

Tu es le vent qui étourdit de sa musique

Les deux amants debout sur le pont du bateau.

 

Et cette immensité dont la verdeur océanique

Emprunte à tes chers yeux la couleur de ses eaux.

 

Tu es l’île et le port, l’amour et la tendresse,

La main tendue où flotte un mouchoir blanc.

 

La main tendue au naufragé dans la détresse,

L’alcool par qui revit son corps pâle et tremblant.

 

Tu es cette douceur qui brise les amarres

Et la violence qui saura les renouer.

 

Tu es mon instrument, ma lyre, ma guitare,

Tu es la langue transparente où je suis né.


 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Poésie contemporaine
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Lundi 2 novembre 2009



Poème 14

 

 

Je vis en toi comme un poisson dans l’eau

Dans mon regard, ton corps s’agite comme une algue

Les étoiles du ciel en tombant au fond de ton cœur

Deviennent rouge sang comme feuille d’automne

Et jonchent d’un chemin de pourpre mes bonheurs

 

J’entends le ressac de la mer battre dans ta poitrine

Ses îles sont tes seins qui tremblent comme des volcans

Son littoral, ton ventre doux comme du sable

Frangé là-bas d’un triangle de joncs ardents

Par la grâce de vivre en toi, j’ai fini d’être misérable

 

 Je cueille d’un baiser la fleur d’amour entre tes dents

 

 

 

 

 

 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Lundi 2 novembre 2009



Poème 15

 

 

A travers tes bonheurs, à travers tes chagrins,

Tes angoisses, tes déceptions – je t’aime !

A travers les soleils, les tempêtes, les grains,

Les brouillards et les nuits, les aurores, - je t’aime !

 

Quand tu es enjouée, et remplis la maison

De ton printemps, de ton parfum, de tes chansons – je t’aime !

Quand tout à coup tes yeux resplendissent de larmes,

Par l’effet de la cruauté sinistre des humains – je t’aime !

 

Si tu souris, si tu pleures, je rends les armes ;

Toujours émerveillé de toutes les façons – je t’aime !

Que ta vie en secret nourrisse ses racines

Plus près de l’univers, plus près de l’Origine – je t’aime !

 

Que je comprenne ou non les choses que tu dis,

Que tu parles en clair ou à renfort d’énigmes – je t’aime !

Que je sois ton héros ou que je sois maudit,

Selon les phases de la lune, ou bien mes manquements – je

                                                                      [    t’aime !

 

Tantôt amant, tantôt canard boiteux et tantôt cygne,

Tantôt chéri, tantôt bon à jeter aux chiens – je t’aime !

Que je sois à ton goût, que tu me décrètes indigne,

Que tu demeures près de moi, ou t'en ailles – je t’aime !

Je t’aimerai toujours, je t’aimerai  q u a n d  m ê m e !


 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : vos poèmes
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Lundi 2 novembre 2009

 


Poème  16

 

 

Quand l’oiseau de cristal se jette sur ton corps

 

Comme un pygargue sur un grand poisson qui se débattrait dans l’écume

Et le remporte vers le ciel parmi les fastes du couchant

Avec un cri vainqueur

Où le spasme se confond avec le chant

 

Je me prends à franchir la voûte bleue

Du plus ancien, du plus prodigieux de mes rêves

 

Je traverse le suspens des mondes et des galaxies,

Nébuleuses, quasars, amas stellaires, et crève

 

D’un coup d’aile puissant l’invisible membrane où s’achève

L’espace et commence le temps

 

Pour au-delà de tout, serein, planer enfin dans la lumière noire

Au fond de quoi ton sourire m’attend

 

Ainsi qu’au cœur du temple un pur visage d’or éluciderait l’ombre,

Tout ensemble Théoktisti et Bouddha transcendant,

Enigmatique dans sa gloire

 

Ton sourire indulgent, charnel, fragile, merveilleux, h u m a i  n…

 

Philtre que nous buvons tous deux à cette amphore

Qui est bien, sur la mort et sur l’éternité, notre seule victoire,

Chaque jour ressuscitée par la caresse de nos mains.



 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Dimanche 1 novembre 2009

 

17

 

 

 

C’était un soir de conférence

        Sur « l’Absolu ».

Le hasard, de toute évidence,

        L’avait voulu.

Tes longs cheveux d’un blond doré,

        Dans l’assistance,

Semblaient une flamme qui danse

        Dans la forêt.

 

Soudain plus rien n’eut d’importance

        Que ce feu clair

Parmi la foule obscure et dense

        Comme une mer.

Un dieu ailé avait osé

        M’offrir ma chance,

Et balayant mes réticences,

         M’hypnotiser.

 

Puis simplement, quand la séance

         Finit enfin,

Répondant à mon espérance

        Vers moi tu vins !

J’ai senti le coup de poignard

         De ta présence,

Et su que rien n’a d’importance

         Sans ton regard.


 

Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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